mardi 23 mai 2017

Voyage, peintures, articles... 6 ans après !


En ce moment, j'écris et je peins... je vais bien. Et nous sommes 6 ans après mon diagnostic ! 

J'ai fait un grand voyage transatlantique avec mon fils et nous en sommes revenus enchantés, et pour ma part, pleine d'une énergie que je ne me connaissais pas. 

Je viens de terminer un tableau (grand format, papier) qui illustre un épisode peu connu de la Seconde Guerre Mondiale : l'enlèvement d'enfants sourds et d'enfants handicapés par les services de santé pour obéir aux ordres du régime nazi. J'ai peint ce tableau car j'avais écrit un article en français sur les percussions des personnes sourdes durant la seconde guerre mondiale et l'image d'un enfant enlevé et éloigné de ses parents s'imposait (pour un article général, voir aussi AktionT4 sur wikipédia). J'avais aussi été photographier le monument dédiés aux enfants tués durant l'holocauste, à Rotterdam, au lieu appelé le Loods24. Ces moments historiques sont mélangés ici dans l'image. 



Je poste mes quelques peintures (souvent des essais sur papier, mais je commence la peinture sur toile !) sur Instagram : catherinect10 pour ceux qui veulent me suivre. 

Je vous souhaite de trouver des activités ludiques ou des passions qui vous feront oublier le cancer, chaque jour, le temps de quelques heures !!! 

Et je vous souhaite un beau printemps, plein de visites et de découvertes ! Si les surprises ne viennent pas à vous, allez les dénicher :-)) 

Grosses bises à toutes celles et ceux qui continuent de me lire, après toutes ces années ensemble. Je vous aime !!! 
  


samedi 15 avril 2017

Peintures : rêves d'évasion

Mon école de peinture a exposé certaines de nos créations, voici le portrait que j'ai choisi de peindre. Inspiré d'une photo du film et projet "Human" de Yann-Arthus Bertrand. "Esclave moderne", un homme de Haiti racontant sa vie difficile et pauvre dans les plantations de cannes à sucre. Son histoire m'a beaucoup émue.




Une autre peinture, petite et sur papier, inspirée de la musique et vidéo de Everloving de Moby. J'avais envie de peindre l'évasion pendant les séances de chimio et j'avais envie de peindre quelque chose comme une fenêtre ouverte sur un beau paysage - mais quand j'ai vu cette vidéo, c'est l'image qui m'est venue et qui s'imposait. Il s'agit du train qui va de Oslo à Bergen, d'où on peut prendre un bateau pour voir les fjords norvégiens... 9 minutes que de bonheur : https://www.youtube.com/watch?v=atyvdC15HFA&list=RDatyvdC15HFA#t=15
Bonne rêverie...





vendredi 7 avril 2017

Dating ?


Mon ami me lisait à voix haute une petite annonce où une personne séropositive cherchait une rencontre avec une autre personne séropositive. – nous étions dans les années 1990, bien avant l’internet et avant la trithérapie contre le sida – la préhistoire quoi. Je me souviens vaguement de la discussion parce que nous n’étions pas d’accord. À vingt ans, je voyais l’amour comme bien au-dessus d’une maladie quelconque. On aime, c’est tout, le Sida ne doit pas empêcher deux personnes de s’aimer. Je pensais surtout à la contamination : ils mettent la capote et point, où est le problème ?  

Lui, il trouvait que c’était une bonne idée de trouver une personne partageant aussi la même maladie tandis que je trouvais cette idée vraiment cruelle et discriminante. Si on aime, on aime malgré le handicap ou la maladie. Et on vit tout à 10000%.

Et nous voici vingt ans après et si nous reprenions cette conversation, mon opinion serait beaucoup plus nuancée. J’aimerais moi aussi trouver un petit amoureux qui partage mon expérience, comme les ados du film « nos étoiles contraires ». Pas vraiment pour partager l’expérience du cancer, merci bien, ça suffit d’un, mais simplement parce qu’il me semble qu’une personne sans maladie ne devrait pas m’aimer. Je trouve qu’il serait cruel de faire souffrir un homme qui tomberait amoureux de moi et qui ne pourrait que constater son impuissance face à la maladie qui reprendra un jour sa progression.

Évidemment, j’ai cherché sur internet, vous me connaissez maintenant, des articles sur le dating durant le cancer. Qu’en pensent les autres ? Quelles sont les expériences, les petites histoires… ? On trouve des articles qui parlent de l’amour et la sexualité – pendant ou après le cancer, qui disent que l’amour et la patience permettent de surpasser les difficultés corporelles gnagnagna… mais pour les couples déjà formés.  

Sur le dating précisément ? Quasiment rien. J’ai trouvé UN article qui parle du dating avec le cancer … mais qui parle uniquement de l’après cancer… rien sur le cancer incurable. Ah ah ! C’est trop facile ! D’ailleurs je lis des commentaires qui protestent « et pendant le cancer alors ? Que fait-on quand le cancer est incurable ? C’est fini, vous nous avez déjà enterrés ? ». Effectivement. On trimbale nos cancers incurables pendant des années, nous, et on aimerait bien aussi se blottir dans des bras chauds et réconfortants, et rire et avoir des soirées aux chandelles pleines de tendresse.

On nous dit de vivre à fond et le plus normalement possible. Mais sur le dating, les rencontres ? Zap ! Silence radio ! Comme si on nous le déconseillait implicitement. Comme si cela relevait de la pure folie…

Avant-hier en salle de chimio, je vois un homme sourire pour la photo, faire le signe V de la victoire. Sa femme partage ça sur les réseaux sociaux et tout le monde va lui dire qu’il formidable... Et il l’est certainement. Mais si on met la même photo sur un site de rencontre ? Vous imaginez les réactions ? Et quel genre de personne va-t-on attirer ? L’abbé Pierre ?

Et si j’arrêtais de me donner des interdictions et que j’ouvrais la porte à celui qui y frappe doucement en me demandant si je peux lui offrir aussi un peu de tendresse ? Est-ce que ce serait mal ? Mon esprit me dit que non, car c’est égoïste, mais mon cœur me dit que oui, car c’est seulement naturel.


Mon amie Ursula m’a dit  « Si on suit ton raisonnement, on n’a même pas de bébé parce qu’un jour le bébé va grandir et mourir. ». Et Véro m’a dit que c’est Ursula qui avait raison et que moi, je méritais des claques ! Et tout ça m’a redonné le sourire. Il faut prendre la vie comme elle vient et avec les hasards qu’elle offre et ne pas tout planifier. 

Et je le sais, mais que c’est dur de ne vivre que dans le présent parfois, et comme je me sens coupable d’être malade et de faire souffrir ceux qui m’aiment ! 

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mardi 4 avril 2017

Doutes et cache-cache avec le cancer


C’est vrai que je n’écris plus beaucoup. Comment se passe donc la vie après la récurrence, est-ce que j’attends que la prochaine arrive ? Non pas du tout. Je suis angoissée et triste, mais je n’attends rien. Je prends juste soin de moi, et j’essaie de vivre dans le présent absolu. L’avenir n’existe pas, ou si peu – deux ans peut-être ? trois ??? C’est triste, mais c’est comme ça, c’est ma réalité, mon illusion cognitive. Un équilibre difficile à réaliser entre le réalisme et le bien-être. 

Je suis passée aujourd’hui faire mon bilan habituel et n’ai pas encore les résultats des analyses mais je ne suis jamais pressée de les demander. Si ça allait mal on me recontacterait et on ne m’a pas recontactée. Tout continue à bien aller, même si ces visites relancent les grosses angoisses habituelles et toutes les questions sur la vie et la mort…

Mais j’oublie. Je quitte l’hôpital, angoissée et mélancolique, et je prends des photos d’une paire d’arbres en fleur que je peindrai peut-être (ou peut-être pas), et mes projets à court-terme recommencent à m’occuper l’esprit ainsi que la contemplation des arbres et des fleurs du printemps sur le chemin. Je pense à une peinture que j’aimerais faire, à un email que je dois écrire, à nos prochaines vacances…

Est-ce dangereux d’oublier le cancer ? Une homéopathe (je ne l’ai vue qu’une fois d’ailleurs…) m’avait dit qu’il ne fallait pas l’oublier car le cancer aimait cela, qu’on l’oublie… On en entend des conneries quand on a le cancer, je vous le dit. Des gens qui nous sortent des théories sur la psychologie, ce qu’il faut penser ou ne pas penser.  Ses paroles continuent à me tourmenter. Et si elle avait raison ? 

Une amie atteinte du même cancer que moi, également récurrent, me parlait de son choc quand une personne lui a dit dans une réunion de l’assoc contre le cancer, devant tout le monde, ce qu’il fallait qu’elle mange… (un fruit exotique rare dans nos régions évidemment, ce serait trop évident si on nous disait que manger de la pomme ferait fuir le cancer, mais quand c’est un fruit exotique, l’idée semble plus plausible). C’est comme les gens qui nous disent comment bien élever notre enfant, je lui ai répondu, ce sont toujours les gens qui n’en ont pas qui ont les idées les plus arrêtées sur le sujet. Mon amie de conclure qu’elle en avait marre, comme si on avait en plus besoin de se sentir coupables ! Sa colère me rappelait la mienne, lorsque la récurrence est arrivée. Je suis moins en colère maintenant, plutôt triste qu’en colère, et parfois résignée. Parfois vaguement optimiste… et si je survivais longtemps !?

Souvent, j’oublie. Tout simplement. Et pourtant, les doutes me tourmentent. Ils reviennent par vague. Dès la moindre faiblesse. Les pensées en boucle reviennent. Je me sens coupable d’oublier, et si jamais elle avait raison, et est-ce que je ne devrais pas me remettre un peu à la méditation, et y penser un peu de manière plus approfondie, au lieu de l’éviter... blablabla... les pensées envahissantes qui ne mènent à rien. 

Car franchement, peut-on apprendre à penser à la mort sans stress ? En théorie peut-être, mais quand on y est confronté en réalité !?. Quelle personne bien dans sa tête et heureuse de vivre peut apprendre à accepter avec sagesse la perspective de mourir bientôt ? Et puis penser souvent ou en permanence au trauma et à la mort, c’est justement la définition d’un trauma. Pour être résilient, en général il faut justement trouver des activités qui éloignent de la pensée traumatique. Alors... j'ai raison ?

Je crois qu’on ne souhaite la mort et qu’on ne l’accueille que lorsqu’on est épuisé ou lorsque la douleur nous amène à la souhaiter. Je ne vois pas comment y penser plus souvent, me permettrait de mieux l’apprivoiser.

Pour survivre plus longtemps, on a besoin de ses forces, de motivation pour continuer à s’occuper de son corps, de peu de stress certainement ce qui est synonyme d’activités relaxantes et apaisantes, de rire, de compagnie, d’amour et d’amitié. Les divertissements sont les bienvenus dans la lutte contre le cancer - la peinture pour moi, et pour d’autres ce seront la musique, la poterie, les loisirs créatifs, l’écriture…

J'écris cela pour m'en persuader peut-être. Lorsque, comme aujourd'hui, je doute et je re-re-re-questionne tout ce que je fais. Est-ce que j'ai le droit moral, de faire ceci cela... Mais je vis, plutôt que de continuer à passer encore trop de temps à me torturer en m’interrogeant sur comment je dois vivre. Je ne vois pas comment mieux faire.  



Un magnolia scintille au sortir de l'hiver. 
(peinture réalisée sur une idée de #paintingwithjane) 

mardi 7 mars 2017

La vie en couleurs


Bonjour, je vous donne quelques nouvelles, toutes simples. 

Rien ne se passe coté santé, sauf que je reçois l’Avastin toutes les trois semaines, je vais toutes les semaines à l’hôpital pour faire changer les pansements du catheter, et je fais les bilans sanguins régulièrement. Pour le moment, les marqueurs sont stables et bas, donc tout va bien. J’ai pas mal de symptômes embêtants, la fatigue, des maux de ventre plus ou moins prononcés selon les jours, des maux de têtes quelques jours après la perfusion d’Avastin. Quoi d’autre… Voilà. Je vis avec, c’est la routine maintenant.

Je n’écris plus beaucoup sur ce blog car je n’ai plus la frénésie d’apprendre de nouvelles choses sur le cancer. J’ai l’impression que j’ai fait le tour. En tout cas, pour une non-médecin. Les yoyos émotionnels sont au repos pour le moment.

Au quotidien, ma vie est tranquille, pas du tout particulièrement folichonne, certainement pas passionnante ni extravagante, mais tranquille. Ouf. Je profite des moments de liberté et de tranquillité que me permet la situation d’invalidité. Je ne regrette vraiment rien à ma ‘décision’ d’arrêter de travailler (ma décision… comme si j’avais vraiment décidé quoi que ce soit…). 

Je travaille à ma manière, en écrivant le matin, pour contribuer à des articles en ligne, sur des thèmes qui n’ont rien à voir avec le cancer. J’adore toujours autant lire et écrire… et à mon rythme désormais, sur les thèmes qui me plaisent, c'est encore mieux. En ce moment, je travaille sur un article sur la psychologie de l'adolescent par exemple. Avant, c'était sur les théories de l'intelligence. Et avant, sur l'histoire de l'enfance... C'est passionnant. Mais c'est aussi fatigant, je ne peux pas faire ça toute la journée. Je cherchais aussi à réaliser mon mot de l'année, au delà du volontariat et du travail, trouver des activités plus ludiques, plus joyeuses, plus sociales, et retrouver la joie de vivre qui parfois manquait à ma nouvelle vie un peu trop isolée.   

J’ai commencé à aller à des cours de peinture avec une femme, Jane, rencontrée à un cours de photographie et avec qui j’ai commencé à sympathiser. Alors que je lui disais que je n’allais pas aller plus loin en photographie (je voulais juste quelques cours pour savoir un peu mieux manipuler mon appareil), mais que j’aurais bien aimé aller à un cours de dessin, elle m’a invitée à la joindre à un cours de peinture où elle se rend depuis deux ans.

Depuis que j’ai commencé, je vois des couleurs partout ! Je vois un nuage et je me demande comment on peut le peindre, une brique et je note qu’elle est plus rouge que brune, des nuances et des ombres intéressantes sur mur qu’auparavant je croyais être juste un mur blanc. La prof nous laisse une grande liberté, et Jane est devenue une amie. 

À la maison, lorsque je me sens seule, surtout le soir, je regarde des vidéos sur Youtube et je découvre des tonnes de cours en ligne. Je regarde les peintres faire un arbre, je les regarde avec intérêt expliquer comment faire des reflets brillants sur l’eau, un tronc d’arbre en relief avec quelques reflets coté soleil, ne pas oublier les ombres. Je les entends parler de rouge cadmium et je finis par noter le nom, ça a l’air important. J’aime beaucoup les vidéos de « Painting with Jane » qui sont faites pour les débutants comme moi (c'est drôle elle a le même nom que ma copine du cours de peinture !) et sont un peu abstraites, mais pas trop.

Alors durant les longs après-midis pluvieux, et il y en a eu beaucoup, je place avec plaisir un grand papier Canson sur un journal étalé sur ma table de salle à manger, je sors mes tubes de peinture et mes pinceaux trop neufs, et je gribouille, je barbouille, je me perds dans un monde imaginaire plein de couleurs. Et j’adore ça. La vie est pleine de couleurs, et je vous souhaite une belle journée, une belle semaine, un beau printemps (mais si, mais si, il arrive...), pleins de jolies couleurs ! 


dimanche 25 décembre 2016

Vœux

Joyeux Noël ou Joyeux Hannukah
Joyeuses Fêtes de fin d’Année !

Je vous souhaite beaucoup de joie en cette période de fêtes, beaucoup d’amour ! L’année a été bonne pour moi. Toutes les autres copines de combat n’ont pas cette chance, et je pense très fort à celles qui se battent pour leur vie, ou qui ne se battent plus et font face à l’inconnu, avec sérénité ou avec angoisse. Je pense très fort à leurs proches et je leur souhaite beaucoup de courage.

J’ai de la chance d’être encore là, à écrire sur mon clavier, et à me préparer à sortir pour aller réveillonner.

Le bonheur est une décision et un mode de pensée. On peut chercher et activer la joie, malgré les moments, normaux et nécessaires également, de tristesse et d’angoisse. Cette joie m’a un peu quittée depuis quelques semaines, et je vais essayer de la regagner. Sourire, écouter de la musique agréable et tonique, revoir les amies même lorsque j’ai l’impression de ne rien avoir à dire, rester curieuse et découvrir des nouvelles places, faire de petites choses concrètes comme renouveler ma carte de musées… et y aller…

Ce sera ma bonne résolution, mon mot de l’année 2017 : la joie de vivre. Je vais essayer de mieux la cultiver et la protéger, cette joie de vivre,  

celle qui me donne la motivation de sortir du lit le matin, même quand personne ne m’attend nulle part,
de mettre un pieds devant l’autre malgré la douleur,
celle qui ouvre mes yeux aux couleurs qui m’entourent et que la routine a blanchies,
me soufflera de l’énergie et me fera chantonner dans ma cuisine,
me redonnera l’envie de commencer quelque chose de nouveau
parce que la vie n’est pas finie et tant de choses peuvent s’y produire encore, malgré l’âge ou la maladie et la fatigue, il reste encore tellement de belles choses à vivre, mais à condition de ne pas s’enfermer dans la routine et entre les quatre murs de sa maison.
Cultiver l’envie de vivre !

Et vous ? Quel sera votre mot de l’Année 2017 ?


Bonnes Fêtes de fin d’année et bonne Année 2017 !